Nuit Noire
Nuit noire
Quand vient la nuit glaciale aux trousseaux ténébreux,
Que soudain dans le ciel une armée d’éclairs tonnent
Et que mille tombeaux à la trompette entonnent
La complainte infernale, arpège malheureux :
Satan se réjouit du théâtre scabreux.
Quand tous les mort-vivants à la lune blafarde
Forment des légions pour aller à la guerre,
C’est sous les étendards, brandissant les bombardes,
Que ces odieux pantins offensent le Saint-père
De leur soufre, inondant les plaines d’un enfer.
Macabre destinée des pauvres innocents,
Qui lorsque de sa faux, la mort les choisira,
Périront lentement sous des voiles de sang :
Le choléra, la peste et des milliers de rats
Auront bientôt raison de ces lieux malséants !
L’aurore aux tons bleutés peine à se proclamer :
C’est le fleuve sanguin ruisselant de chaos
Aux pieds des assassins, qui devra réclamer
Un asile céleste où les montagnes d’os
N’auront qu’à revêtir un esprit pour aimer…
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