Les amants incandescents

7 octobre 2010

Les amants incandescents

Maintes fois sur le feu nous avons attisé
Nos désirs les plus fous en amants inconscients
Et nos corps consumant nos vies électrisées
Brûlaient sur le bûcher d’un chaud ciel peint de cyan.

Nous nous délections des flammes d’un enfer
Que nous portions aux nues tel un fier paradis;
Pareils à des guerriers nous croisions le fer
Avec nos chairs durcies par ce doux incendie.

Nos regards crépitaient de passions dévorantes
Prenant de chaque instant des clichés mémorables,
Nos veines traversées par une lave ardente
Rythmaient chaque bouffées de nos danses de Diable.

L’impétueuse fièvre affurait nos raisons
De cuisantes visions des ribotes antiques
Et l’Echo, caressé par le chant des liaisons
Se souviendrait longtemps de nos pouls frénétiques.

Comme un volcan vivace entrant en éruption
D’épais et sulfureux nuages de nos sels
Se formaient au dessus de nos peaux en fusion
Contrastant le magma qui glissait sur nos ailes.

Comment ne pas se perdre en ces instants violents
Où la raison alors cède le pas aux sens
Où le coeur martelé de flots ensorcelants
S’abandonne absolu sur l’autel des jouissances!

Impair

22 juin 2008

Impair

Souviens-toi de ces jours où seul à la barrière
Enfant, empli d’espoir, j’attendais vainement
Que tu viennes enfin à mes piétinements
Mettre un terme final sans me laisser derrière.

Longtemps j’ai attendu quelque signe d’un père
Qui me disait m’aimer : une carte, une lettre
Un seul signe de vie, pouvait me faire admettre
Un silence pesant à la saveur amère.

Que dire du passif qu’en cadeau tu avais
Nonchalamment laissé à ma mère et à moi :
Avais-tu quelque idée de ces tristes émois
Que tu provoquerais le soir à mon chevet ?

Ces années sans voiture à battre le pavé,
Ces années sans argent sans cesse à se restreindre
Dans mon cœur ont finies, peu à peu par atteindre
Un spectre paternel aux couleurs délavées.

Chaque jour un peu plus telle une sentinelle
Perdue sur les hauteurs de mon adolescence
J’apprenais des noirceurs de ta cruelle absence
A exhaler de l’âme une once d’étincelle.

Puis le feu a jailli dévastant ton image
Et j’ai creusé ta tombe aux lies de mes angoisses :
« Mon père a disparu, j’érige ma paroisse
Avec un chœur robuste, enfant de mon ramage! »

J’allais de ta faiblesse instruire mes vertus
Et les alimenter de ma curiosité,
J’allais enfin pouvoir, de mon fort visiter
La haute-tour perchée jusqu’alors méconnue :

Ainsi je découvris l’étendue des possibles,
Dans mes veines grouillait un vif désir d’apprendre,
Mon âme retrouvait, telle une salamandre,
Des émotions perdues, encore inaccessibles.

Guidé par ma famille ainsi que mes amis
Je me suis répété avec accoutumance :
« Ce qui ne te tue pas renforce ta puissance
Et change pour toujours ton intime alchimie. »

J’arpentais les musées pour m’enrichir des arts,
J’aiguisais mon oreille aux musiques du monde,
Avide de savoirs, de réflexions profondes
Je voulus devenir un homme bien à part.

Mais ta trace était là : je m’épris d’une femme
Et ne pu m’empêcher de briser mon foyer :
Malgré tout notre amour je me suis dévoyé
Empruntant de tes traits les pires que je blâme.

Voilà que quelques mois après cet épisode,
Tu resurgis soudain de quinze années d’oubli.
Dans un style mielleux, le devoir accompli,
J’apprends que j’ai un frère. Outrageante méthode !

Pas une repentance ou même un mot d’excuse !
Pas une explication pour m’avoir délaissé !
Pas une allusion à mon être blessé !
Répondras-tu un jour à ces questions qui fusent :

Pourquoi être parti lorsque j’étais enfant ?
Pourquoi ne m’avoir pas laissé de tes nouvelles ?
As-tu un seul instant songé à ton modèle,
Héritage fumeux aux relents étouffants ?

L’expédition

23 mai 2008

L’expédition

Humaine l’aventure a bien plus de piment
Que chasser un trésor,  enfoui dans l’Alaska.
C’est le cœur qui s’emballe aux rythmes fous du ska
C’est l’espoir de se dire bien plus que des amants.

Pénétrer la forêt des questions incertaines,
Explorer les lagons, changeants, de l’avenir,
Dompter tous les remous de la mer des désirs :
Voilà qui promet d’être un sport de longue haleine !

Chasser de son esprit les démons du passé,
Gravir marche après marche un temple d’ignorance
Apprendre à découvrir les ressorts de l’enfance :
Voilà autant d’efforts qu’il nous faut dépasser.

C’est alors seulement que l’on peut toucher l’or :
Ce silence assumé du profond de l’iris,
Ce calme bienfaisant où l’autre est un calice
Dans lequel on peut boire et prendre son essor.