Gracieux élan
Gracieux élan
Indomptable musique, en rythmant la lenteur
De ma vie endiablée tu chasses en ma portée
La ronde monotone, insatiable, emportée,
Pour une syncopée décrochée des hauteurs.
A peine démarré ; ton exténuant concert
M’emplit d’une allégresse insouciante et si douce
Se baladant en moi composant à la source
La symphonie d’amour, flamboyante et sincère
Mes mots sont un néant au regard de tes chants
Et bien heureux celui qui comprend ton langage
Et qui face à la phrase initie le partage.
C’est donc en amateur de ton art si touchant,
Que je salue bien bas ta divine prestance,
Toi qui m’éblouiras durant mon existence.
De nos vies
De nos vies
Durant ces six années, je t’ai porté aux nues
De mon cœur tu étais la gardienne sacrée
Nos moments partagés aux doux reflets nacrés
De bonheurs nourrissaient ma vie en continue.
D’abord je t’ai connue, femme forte et fragile
A la fois, sur ta peau, la fleur de ton passé
Déposait son vertige et tu te surpassais
Au fil de nos saisons modelant notre argile.
La Nature en ton sein t’offrit ses mille charmes :
Un éclair de génie éclaira ton esprit
La Beauté sans pudeur t’ouvrit ses draperies
Et de la Volonté tu recueillis ses armes.
Nos vies se confondant nous vivions harmonieux,
Apprenions à aimer pour notre vraie nature
Déposant nos envies sur notre conjecture
Nous construisions ensemble un avenir radieux.
Cent fois nous avons dit la force de nos liens,
Cent fois le ventre noué nous pensions à l’autre,
Vibrant pour une étreinte à vouloir la vie notre
Nos cœurs ne voulaient croire aux affres cartésiens.
Nos proches nous disaient former un beau duo,
La famille appréciait être à notre contact :
Nos joies avaient alors à leurs yeux un impact
Et nous resplendissions aux sons de leurs échos.
Accroître nos savoirs, toucher la connaissance,
Abreuver nos esprits de lectures savantes
Elever nos milieux aux personnes brillantes :
Nous formions par l’esprit une éclatante alliance !
Aux portes de nos vies la faute est survenue :
Cette faute sournoise inscrite dans ma chair,
Qui m’a fait perdre alors l’être qui m’était cher
Je la regrette encore : quel acte saugrenu !
Parfois la mécanique échappe à tout humain
Et la complexité des forces en présence
Assombrie l’énergie, jusqu’à même l’Essence
Où un acte mauvais s’y nourrit assassin.
Se perdre et puis renaître avec plus de panache
Tel un Phoenix ardent rejaillir des eaux troubles,
Laver toute blessure et les soigner en double
Pour raviver enfin les couleurs des attaches,
Il faut savoir déjouer les pièges de la vie,
Dépasser la souffrance immense qui nous ronge
Réapprendre sans doute à plonger dans un songe
Où le plus beau alors est de donner envie.
Equinoxe
Équinoxe
Un parfum doux amer aux allures d’Automne,
Une note piquée résonnant d’un doux ton,
Une femme si seule accompagnée d’un rond,
Une vie égayée dans ses jours monotones…
Le mélange astucieux d’un nez fort dépourvu,
La mélodie géniale errant dans l’agonie,
Le souffle harmonieux d’une mère qui nie,
L’espoir d’être immortel, l’avenir déjà vu…
Tous ces mots incertains, ces desseins si précis,
Tout le grand paradoxe empli dans un seul verre,
Toute la modestie que possède un revers :
En moi me laisseront un goût des plus exquis…
Salé Sucré
Salé Sucré
Nantes la superbe était un doux refuge
Et la France en son sein m’a logé bienveillante,
Belle alcôve onirique où, glisser sur la pente
Ne vous mène séant à la robe d’un juge.
J’ai gardé de la ville un souvenir diffus
Pour n’avoir découvert tous ses charmes secrets.
Peut être aurais-je du me rendre moins discret,
M’émerveiller de tout, sans cesse être à l’affût ?
Le temps était pour moi un étrange diner.
Oui ! J’ai eu cet honneur : parler avec un Ange…
Et il m’a confessé lors de nos discussions
Que d’Amour pour mon être il en était question.
Mon âme a voyagé bien au-delà du Gange.
Les secondes pour moi avaient un goût sucré.
Oui ! J’ai eu ce malheur : entendre de la voix
De celle que j’aimais la fin de notre histoire :
Se rendre à l’évidence, éteindre tout espoir
Etait alors pour moi la meilleure des voies.
L’addition de six ans avait un goût salé.
Voltaire avait son art pour clamer la nuance
Je veux en son honneur la raviver encore
Et pour cela montrer comment varie l’accord
Des mets du quotidien qui nourrissent la panse.
Un jour tantôt sucrés un autre plus salés
Ils peuvent en un instant étonner vos papilles:
Déployer la douceur de la fleur de vanille
Aussi bien que l’aigreur d’un pistil d’azalée.
La vie est un diner qu’il faut réinventer
Ronde éternelle
Ronde éternelle
Je t’aime ô toi la vie, je t’aime ô harmonie,
Tu me donnes l’envie, l’envie d’aimer les fleurs,
M’élèves en douceur avec parcimonie,
Moi qui ne suis qu’un homme, un homme empli d’erreurs
Tu m’offres l’odorat pour goûter tes senteurs…
Je t’aime ô toi la vie, je t’aime ô délicieuse
En enfant tu m’émeus, m’émeus en mon doux cœur
Et m’envois enchantée, la femme radieuse,
Moi qui ne suis qu’un homme, un homme en tout malheur
Tu m’offres le toucher pour avoir ta candeur…
Je t’aime ô toi la vie, je t’aime ô festival,
Si tôt j’ouvre les yeux, les yeux sur mon humeur
Que tu me fais danser au sein du plus beau bal,
Moi qui ne suis qu’un homme, un homme fait de heurts
Tu m’offres le regard pour croquer tes saveurs…
Je t’aime ô toi la vie, je t’aime ô ambroisie,
Tu me berces gaiement dans tes flots de bonheur
Et j’apprécie tes mets d’Europe ou bien d’Asie,
Moi qui ne suis qu’un homme, un homme avec ses peurs
Tu m’offres tous tes goûts pour jouir de ta fraîcheur…
Je t’aime ô toi la vie, je t’aime ô symphonie,
Tu es à mon écoute et m’aide en ta chaleur,
Tes chants de réconfort m’apportent mille envies
Moi qui ne suis qu’un homme, un homme de douleurs
Tu m’offres ta douce ouïe pour être ton sauveur…