Se rencontrer
Se rencontrer
J’aimerais avec toi partager ma journée,
Retrouver ta gaieté, à nouveau entrouvrir
Le bonheur d’employer notre temps à flâner,
Et voir au déjeuner nos esprits se nourrir;
Marcher, s’enorgueillir des beautés de Paris,
Sentir vivre la ville et ses mille tableaux,
Découvrir éblouis une haie de tamaris
Et s’asseoir alanguis à l’ombre d’un bouleau;
Au détour d’une place arpenter des ruelles,
Lécher quelque vitrine à l’allure élégante,
Croquer avec nos yeux toute beauté ponctuelle
Et pourquoi pas céder à la folie flagrante;
Décider de goûter à une exposition
De sublimer notre être à travers l’œuvre d’art,
De décrypter le sens d’une composition :
Savoir réassembler les indices épars.
Puis joyeux, fatigués d’étreindre le pavé,
Alertés par l’odeur d’une échoppe gourmande
Nous pourrions bienheureux de les avoir rêvées,
Apprécier les douceurs dont tu es tant friande.
Légende d’un tournoi
Légende d’un tournoi
La nuit était profonde, endormie de silence ;
Désertées par la foule, engourdies par le froid,
Les rues dans un mutisme affichaient leur effroi
Et le ciel les couvrait de son manteau immense.
A Paris, Jean-François, un homme de bon cœur
Posa ses yeux d’enfant sur ce toit menaçant :
Il observait rêveur le rideau noir cassant
Imaginant voler de splendides lueurs.
Soudain près de la lune on vit danser les dames :
Leurs corps étaient brûlants comme au moins mille étoiles
Et des rires charmants s’évadaient de leurs voiles,
Saluant galamment Jean-François pour son âme.
C’est dans la voie lactée, aux pays des chimères
Que ces dames et cet homme apprirent à jouer
Au jeu de l’amitié sur un air enjoué
Pour enfin oublier la sombre nuit amère…
Le baiser
Le baiser
Assis, l’un contre l’autre à regarder Paris,
Nous sommes hors du temps, mon cœur est en transport
Et la Dame de fer danse de tout son corps,
Comme pour célébrer la douce féérie.
Les arbres majestueux imposent leur grandeur,
Depuis ta tendre enfance : ils gardent l’œil sur toi.
Je sens alors monter sous ma peau cet émoi
Qui me pousse à gravir les plus folles hauteurs.
Je désire ardemment goûter à tes délices,
Mes lèvres esseulées réclament un baiser,
Sous ton regard mon cœur s’érige en doux brasier :
Il est ton étendard que fièrement je hisse.
L’instant nous autorise un élan de tendresse :
Sans réfléchir alors nos ombres se confondent
Et dans un tourbillon, la jonction de nos mondes
Fait jaillir en mon âme un torrent d’allégresse