Nuit charnelle

22 juin 2008

Nuit charnelle

Le désir était là, au creux de nos deux corps,
Nous tremblions, serrés, de plaisir sous nos peaux
Et les quelques bougies qui tenaient de décor
Dans nos yeux reflétaient la force du propos.

Caresses et baisers nous liaient dans l’intime
Et nos regards fiévreux traduisaient le transport
Que notre union pourrait dans ce moment sublime
Installer en nos cœurs jusqu’aux cieux de l’aurore.

Nos courbes étendues enfin se confondaient
Nos pouls s’accélérant, l’ivresse de l’étreinte
En ses frissons charnels de vie nous inondait
Et le bonheur alors n’était plus hors d’atteinte.

Se rencontrer

22 juin 2008

Se rencontrer

J’aimerais avec toi partager ma journée,
Retrouver ta gaieté, à nouveau entrouvrir
Le bonheur d’employer notre temps à flâner,
Et voir au déjeuner nos esprits se nourrir;

Marcher, s’enorgueillir des beautés de Paris,
Sentir vivre la ville et ses mille tableaux,
Découvrir éblouis une haie de tamaris
Et s’asseoir alanguis à l’ombre d’un bouleau;

Au détour d’une place arpenter des ruelles,
Lécher quelque vitrine à l’allure élégante,
Croquer avec nos yeux toute beauté ponctuelle
Et pourquoi pas céder à la folie flagrante;

Décider de goûter à une exposition
De sublimer notre être à travers l’œuvre d’art,
De décrypter le sens d’une composition :
Savoir réassembler les indices épars.

Puis joyeux, fatigués d’étreindre le pavé,
Alertés par l’odeur d’une échoppe gourmande
Nous pourrions bienheureux de les avoir rêvées,
Apprécier les douceurs dont tu es tant friande.

Union

22 juin 2008

Union

C’est le souffle coupé par l’homme impérieux
Que la femme charmante empreint d’odeurs suaves
Rompt son corps plantureux sous un désir de lave
Où le charme en patron s’impose glorieux.

Puissante elle rugit la transe qui l’enivre,
En féline aguerrie contorsionne  ses formes
Oubliant un instant son cachot fait de normes
Dans lequel la journée se passe sans se vivre.

La caresse charnelle en rythmes frénétiques
Taquine l’interdit, les plateaux de jouissance,
Imaginés un soir lors de chaudes vacances
Le long de la jetée aux reflets féeriques.

Aurions nous pu prévoir les plaisirs de Sodome
Sans Gomorrhe à la barre au devant du navire
Où la plus sage femme, élégante, soupire
Pour donner la justesse à ce qu’enfin nous sommes ?

Je dis donc : homme ou femme aimons nous de cinq sens
Baisons nos joues,  nos mains et le corps tout entier
Sans irrespect, aucun, n’inspirons pas pitié
A ces illuminés qui prônent la décence !

Le baiser

22 juin 2008

Le baiser

Assis, l’un contre l’autre à regarder Paris,
Nous sommes hors du temps, mon cœur est en transport
Et la Dame de fer danse de tout son corps,
Comme pour célébrer la douce féérie.

Les arbres majestueux imposent leur grandeur,
Depuis ta tendre enfance : ils gardent l’œil sur toi.
Je sens alors monter sous ma peau cet émoi
Qui me pousse à gravir les plus folles hauteurs.

Je désire ardemment goûter à tes délices,
Mes lèvres esseulées réclament un baiser,
Sous ton regard mon cœur s’érige en doux brasier :
Il est ton étendard que fièrement je hisse.

L’instant nous autorise un élan de tendresse :
Sans réfléchir alors nos ombres se confondent
Et dans un tourbillon, la jonction de nos mondes
Fait jaillir en mon âme un torrent d’allégresse

Hors du temps

23 mai 2008

Hors du temps

C’était un soir d’automne où l’air frais voyageait
Un grand tapis cuivré recouvrait les trottoirs
Les lumières dorés du grand hall de la gare
Étourdissaient mon cœur impatient et léger.

Tu étais là, enfin, mes yeux te retrouvaient,
Charmante et réservée comme à ton habitude,
Ton baiser traduisait nos lots d’incertitudes,
Mais qu’importe j’avais envie de nous rêver.

Nous prenions le tramway, tu nommais  mon désir !
Sur le chemin, les Ducs, nous saluaient brillamment
Comme pour révéler que sous le firmament
La ville à tes côtés ne faisait que grandir…

J’avais pour ton accueil au cœur de notre alcôve
Imaginé des fleurs, hôtesses parfumées,
Quelques doux chocolats que tu me dis aimer
Mais aucun numéro où l’on montre les fauves…

Fenêtre sur le monde à regarder Marseille,
Dans les bras l’un de l’autre allongés sur le lit
Nous goûtions enfantins, simplement de la vie
Un instant quotidien affublé de merveilles.

Nous discutions de tout et ce n’était pas rien,
Nous reconstituions les pièces d’existence
Dont nous n’avions encor’ pas la moindre conscience :
Le moment peu à peu devenait aérien.

Et tu as accédé alors à ma demande :
Figer pour moi le temps pour mieux se dévoiler,
Oublier les carcans, ensemble s’envoler
Vers l’horizon troublant où rien ne se commande.

Mon être vacillait découvrant ton trésor
Et La confiance alors écrasait ta pudeur ;
Tous  tes mots de plaisir me faisaient grand honneur
Lorsque j’abandonnais mes lèvres à ton corps.

Jamais une minute a été aussi belle
Et je te remercie de l’avoir fait durer :
Car gravée dans ma chair je puis te l’assurer
Elle est pour moi bien plus que simple bagatelle.