Psyché

1 novembre 2008

Psyché

A Anne

Lorsque je suis venu de Corneille et Molière
Ouïr avec ferveur les fins vers de Psyché
Je ne m’attendais pas – je ne puis m’en cacher –
A découvrir un jeu dont je ne puis m’abstraire.

En ta bouche le verbe avait mille horizons :
Les tourments que Vénus imposaient à ton être
D’Arcadie à Paris arrivaient à renaitre,
Plus intenses, plus forts qu’une simple vision !

Corps et âmes mêlées, avec Amour sur scène,
Ta grâce et ta beauté renforçaient cette union
Lorsqu’alanguie, mourante, en pleine communion
A nouveau le bonheur jaillissait en fontaine !

Je dois porter ta gloire aux membres de ta troupe
Et te remercier d’être esprit de la pièce
Car plus encore ce soir qu’éclairer mon faciès
Tu parlais à mon cœur comme Eole à la poupe.

Célébrité

26 mai 2008

Célébrité

Une heure, une minute, une seconde : enfin !
Le rideau se soulève et je deviens acteur ;
Finis les battements qui affolaient mon cœur,
Devant les projecteurs j’accomplis mon dessein.

Jeu de jambe précis, verbe mélodieux,
Je fais vivre le texte et mes lèvres s’enflamment
Au génie de Racine auquel je tends mon âme :
Peut-être attirerai-je un jour le vent des Dieux ?

Si justement ce vent, divin, libérateur
Soufflait sur mon plancher pour ravir le public
Alors célèbre enfin d’Asie en Amérique
Je serais applaudi pour mes talents d’acteur.

Cependant de théâtre il n’y a que ma chambre,
Le texte n’est qu’un livre étendu sur mon lit,
Je scrute quatre murs sur lesquels en folie,
Mon public accroché,  des cieux me fait des cendres.