La guerrière
La guerrière
Le regard terrifiant de haine, elle avançait,
Glaciale guerrière à l’armure légère :
Sur sa peau la douceur trahissait mensongère
Les effusions de sang qui tâchaient son corset.
Arborant sans éclat son oriflamme noire
En serpentant les champs se rappelait à elle
Chaque jour le tribut de ce soir où pucelle
Un démon remporta sa plus sombre victoire.
En elle il instilla la rage d’une meute
Et sans cesse aux aguets elle attendait ses proies;
Ôtant souvent la vie sans l’once d’un effroi :
La mort était pour elle un odieux thérapeute.
Son cœur en suspension ne connaissant l’été,
Logé dans une abysse effrayante et profonde,
En subissant les coups d’une vie vagabonde
Gardait le goût amer de bonheurs mutilés.
Lassée par tant d’horreurs, terrifiée par son ombre,
Un matin d’hiver froid où le vent la cinglait
Son esprit décida, ainsi, de s’étrangler
D’une corde de fer dans une auberge sombre…
Impossible de fuir les spectres du passé,
Ils étaient contraignants comme la faim du jour
Et la faucheuse avait pour elle tant d’amour
Qu’elle voulu séant la faire trépasser !
Révolte
Révolte
D’Inaros aux Croquants, des frondes aux farines
Des ludistes anglais aux pavés printaniers
Les actes dépassaient la voix du chansonnier
Pour sanglants s’abîmer dans le coeur des poitrines.
Tombant pour des idées, sacrifiant sur l’autel
Des vives libertés le rameau d’olivier,
Ces peuples de l’action jamais ne s’en déviaient
Dessinant l’horizon de leur carmins pastels.
Dans notre monde absurde où il y faut bien vivre
Il n’est que la révolte aux couleurs d’un Sisyphe,
Cet absurde héros d’une histoire apocryphe,
Qui puisse du réel rendre nos âmes ivres.