Néfertiti

30 janvier 2009

Néfertiti

Glissant le long du nil, sondant le cœur des hommes
Qui de l’Egypte avaient forgé tout son panache,
Au milieu des tortues j’oubliais mes attaches
En valsant lentement loin des pandémoniums.

Exposée au soleil de mille et une envies,
Se baladant, gracieuse au hasard des roseaux
Je vis Néfertiti, libre comme un oiseau :
Ce fut le premier jour du reste de ma vie.

Une rose accrochée aux cheveux couleur miel,
Un pantalon de toile issu des cotonniers
J’aurais pu pour ses yeux me rendre prisonnier :
Elle était à la fois douce et providentielle.

Accompagnée d’un singe aux allures de poupée,
Toujours attentionnée, partout il la suivait,
Guidé par son regard valeureux ils bravaient
Ensemble les dangers d’un divin chaloupé.

J’ai rêvé cette reine, aventurière alerte,
Gardienne de trésors de l’âme et de la chair,
Traversant avec moi les terres et les airs
D’Afrique en Amérique au gré de découvertes…

Voir Venise

22 juin 2008

Voir Venise

Je me mets à rêver la ville millénaire
Le soir sur les canaux ton ombre danserait
Et les embruns salés à la fête dans l’air
Pour scander la Douceur ta peau caresseraient.

Nos corps en tourbillons perdus dans les ruelles
Savoureraient l’instant où face à Colombine
Nous verrions Arlequin cachant Polichinelle
Déclarant ses envies d’après midi câlines.

Au sein de ce théâtre aux airs de labyrinthe
Les Eglises, les ponts, les palais, les musées
Nourriraient nos esprits en délicieuse absinthe
Et le temps, sans répit, saurait nous amuser.

Je ne connais ton choix, mais ose l’espérer :
Laisse à Venise alors le soin de nous revoir,
Vivons ce nouvel an comme pour libérer
Cette énergie vivace où je vois notre histoire…

Note ineffable

22 juin 2008

Note ineffable

Oh ! Un bel air de fête embaume mon cœur bleu,
Bleu de toute une nuit, bleu de toute une vie,
L’Etoile j’ai croisé, filante elle m’a ravi
Et dans la course folle en parcourant les cieux
Et Saturne et Vénus en la voyant l’envie.

Je suis dans cette alcôve et de ses reflets d’or
Provient cette musique intrigante, joyeuse,
Sang d’une farandole où tout la rend heureuse,
Et par contagion met à vif tout mon corps
Où crépite ardemment la flamme harmonieuse.

Tout deux portés au gré de cette mélodie
Nous voyageons amants, éclairant l’univers
A la douce lueur de nos liens si sincères ;
Et un regard de feu à lui seul se suffit
Pour traduire un instant nos pensées les plus claires.

Bercé contre son sein dans le flot sidéral,
L’orchestre fabuleux joue donc la symphonie
Des mille et un espoirs nourris dans une nuit,
Où la scène grandiose à l’aspect de l’opale
Nous offre les plaisirs des amoureux transits !

Rêves italiens

6 juin 2008

A Pascale

Rêves italiens

Nous te souhaitons bon vent sur les flots d’Italie :
De la Mer Tyrrhénienne à la Mer Ionienne,
Des joyaux de Palerme à l’Huile de Bari,
Profites des splendeurs que t’offre ce pays.
Lorsque sur les canaux, Venise sera tienne,
Laisse toi guider par la lanterna de Gênes
Et Enorgueillis-toi de ses charmes superbes.
Fais chanter l’italien, amuse-toi du verbe :
Ton rêve est à portée : te voilà dans l’arène…

Au-delà

26 mai 2008

Au-delà…

Aux abords de la ville un vieillard croupissait.
Alors que dans le froid son cœur s’assoupissait,
Un passant qui le vit lui proposa de l’aide.
Mais trop tard, car son corps, de glace était tout raide…

Les yeux de cet ancêtre étaient d’un bleu glacial
Et l’homme qui debout observait ce corps blanc
D’une larme arrosa le lit qu’était son banc :
Pour toujours il quittait le Monde où tout fit mal…

Ce sage en son repos commençait un voyage
Que nul autre en sa chair n’aurait pu supposer…
La lumière embaumait ses peaux décomposées
Pour ainsi le guider vers un autre rivage.

Au gré du vent céleste il redevint jeune homme,
Retrouvant au hasard des magies sidérales
Les femmes qui jadis aux forêts domaniales
Offraient à ses baisers les douceurs de leurs formes

Il avait oublié sa profonde misère,
Des actes humiliants son âme était lavée
Et jamais, plus jamais, il n’irait à la guerre :
La paix serait en lui comme il l’avait rêvée !

Serein, contemplatif, il jugeait du décor :
Ses yeux sur les beautés de leur bleu murmuraient
Qu’aux portes de l’Eden le silence est trésor
Pour qui sait être heureux du futur qu’il n’avait.

Des anges et des Saints l’accueillaient cœurs ouverts
Et son esprit soudain, de joies fut envahit,
Laissant ses sentiments jouer à découverts
Et rencontrer enfin le Divin, ébahis.

Aux abords de la ville un vieillard sommeillait
Alors que dans le froid son cœur s’ensoleillait.
Un passant qui le vit comprit tout son bonheur
Et jamais il n’aurait de la mort quelque peur.