Au-delà

26 mai 2008

Au-delà…

Aux abords de la ville un vieillard croupissait.
Alors que dans le froid son cœur s’assoupissait,
Un passant qui le vit lui proposa de l’aide.
Mais trop tard, car son corps, de glace était tout raide…

Les yeux de cet ancêtre étaient d’un bleu glacial
Et l’homme qui debout observait ce corps blanc
D’une larme arrosa le lit qu’était son banc :
Pour toujours il quittait le Monde où tout fit mal…

Ce sage en son repos commençait un voyage
Que nul autre en sa chair n’aurait pu supposer…
La lumière embaumait ses peaux décomposées
Pour ainsi le guider vers un autre rivage.

Au gré du vent céleste il redevint jeune homme,
Retrouvant au hasard des magies sidérales
Les femmes qui jadis aux forêts domaniales
Offraient à ses baisers les douceurs de leurs formes

Il avait oublié sa profonde misère,
Des actes humiliants son âme était lavée
Et jamais, plus jamais, il n’irait à la guerre :
La paix serait en lui comme il l’avait rêvée !

Serein, contemplatif, il jugeait du décor :
Ses yeux sur les beautés de leur bleu murmuraient
Qu’aux portes de l’Eden le silence est trésor
Pour qui sait être heureux du futur qu’il n’avait.

Des anges et des Saints l’accueillaient cœurs ouverts
Et son esprit soudain, de joies fut envahit,
Laissant ses sentiments jouer à découverts
Et rencontrer enfin le Divin, ébahis.

Aux abords de la ville un vieillard sommeillait
Alors que dans le froid son cœur s’ensoleillait.
Un passant qui le vit comprit tout son bonheur
Et jamais il n’aurait de la mort quelque peur.


2 Responses to “Au-delà”

  1. jean christian on mai 26, 2008 15:56

    Bonjour,

    On ne se connaît pas, je n’ai rien à vendre ni à montrer mais nos ressentis sont tellement similaires à part peut-être que je ressens moins de pessimisme dans ton poème; j’ai pensé que le meilleur à faire était de te joindre l’acrostiche ci dessous.
    amicalement
    jc

    ps: de la très belle poésie

    Voir paraître l’hiver empaqueté de rêves
    Immaculés de noir ses pauvres qui en crèvent
    Râles de miséreux que le froid a étreint ,
    Gisant sous ses haillons un gueux se meurt de faim :
    Invalide d’amour de tendresse et de guerre
    Noël a ses chevaux noël a ses œillères ;
    Il meurt à petit feu la neige est son linceul
    A part son chien galeux dans ce monde il est seul.

    Emmitouflé d’un rêve il s’est vêtu de blanc
    Maculant son suaire à la lueur du sang.
    Imbu de sa misère oubliant ses douleurs
    Le voilà souriant à un passant râleur,
    Inutile spasme de ce corps pris au piège
    A l’aube enseveli sous un amas de neige.

    Jamais il ne s’est plaint de tant d’indifférence
    Et, de grâce laissons la vie à l’indigence ;
    A quoi bon nos larmes ou nos mièvres remords
    Nul ne devrait juger aux portes de la mort.

    Ce serait faire injure à son bâtard qui pleure
    Hurlant à l’agonie à nous autres gausseurs.
    Rassasiés de sanglots s’éloignent les badauds
    Ils vaquent ils courent à leurs petits cadeaux
    Sans même voir qu’ils sont à mourir par milliers
    Timorés dans leur chair sans nom à leur collier ;
    Ils sont même millions à quémander aux cieux
    A étendre leurs mains dans le vide injurieux
    Noël, faîte, étoiles filantes en lambeaux.

    Voici venu l’hiver
    Voici le temps du faux
    Un fait d’hiver banal
    Au cou de ce fauché.

    JCE 29/11/90

  2. Yogan on mai 26, 2008 16:46

    Bonjour Jean-Christian,

    Je viens de lire ton poème et effectivement les similitudes avec le mien sont frappantes. Tu as une belle écriture et je serais ravi de lire d’autres de tes poèmes. Tu es le bienvenu sur mon blog et ce serait avec plaisir que je lirai d’autres de tes commentaires.

    Amicalement,
    Yogan

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