Curieux intérieur
Curieux intérieur
A travers la prison de notre être charnel,
Une âme balbutiante essaie de s’enivrer,
Si frêle, en son oubli qu’elle ose nous livrer
D’un mystère infini son grand air d’éternel.
Ses barreaux lui sont lourds et ses chaînes pesantes :
Poussant dans un silence une esquisse de cri
Elle écoute en douleur les maux qu’elle proscrit,
Refus d’assentiment aux mânes qui la hantent !
Elle veut s’affranchir des valses sourcilleuses,
Impudentes furies aux affres céphaliques,
Qui contre quelque éthique infligent diaboliques
A notre essence même une offense odieuse.
Je ne sais démêler les frasques romanesques
Que dépeint la tristesse un instant dans les limbes
Et même triomphant en arborant sa nimbe
Un archange en personne insuffle le grotesque
Abîmes délaissées à la désillusion,
Contre tous vos censeurs je porte ce grief
Et vais reconquérir l’inaliénable fief
Candé dans la souffrance et le poids des lésions
Ecoutez ma complainte, ô voix du Sanctuaire,
Je vous prie humblement de porter vos secours ;
Voyant cette âme en peine, abîmée, sans recours
Hurler son désespoir aux cloisons mortuaires.
Miracles lumineux, rayons inespérés,
Vous, pourtant si vivants, prenez donc ma requête,
Ultime vengeresse assoiffée de conquête,
Comme une insignifiante et vulgaire ulcérée ?
Le monde est amoral ! Où pourrais-tu mon âme
Etre libre un instant, rêver d’une raison,
Garder ta dignité à l’abri des saisons,
Et brandir fièrement ta si belle oriflamme…
Nulle part où aller, la sentence est sans nom :
Le jugement divin des voies impénétrables
Injuste et déloyal te condamne, coupable,
A vivre dépravée sans le moindre renom !
Si les cieux puissants ne sont qu’une légende
Et que l’Homme en sa terre annihile ses peurs:
« Science sans conscience » est la source d’erreurs
Et je crains l’insensé qui tue et nous commande…
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