Voyage éphémère

22 juin 2008

Voyage éphémère

La nuit venait s’épaississant
Donner conseil à ma maîtresse :
« Pourquoi couper tes longues tresses ?
Tu reverras les joies d’antan !

Si les vallées de la Toscane
N’abritent plus tes jolis rêves,
Les souvenirs de tes nuits brèves
Restent sculptés  sous les arcanes ;

Et les statues qui prenaient vie
Aux formes suaves des catins,
Dans le théâtre florentin
Dansent encor’ sous les parvis !

Ce sont les marches en légions
Au garde à vous qui te présentent,
Déraisonnables par leur pente,
Tout cet amour de la région.

Je t’en prie donc jeune française,
Ne gâche pas tes apparats,
Et viens trouver aux creux des bras
De ton amant son cœur de braise !»

C’est de ce songe inhabituel
Et par cet adjuvant nocturne,
Que les cheveux, aux couleurs diurnes,
Purent garder leur roux sensuel…

Sans toi

22 juin 2008

Sans toi

Au cœur de la Bourgogne auprès de ma famille,
Une seule personne à mes côtés me manque :
J’aimerais m’évader ce soir, dans les calanques,
Nous nous baladerions le plaisir en guenilles.

Je rêve d’éclairer ses yeux de loyauté,
Pour elle je serai de ces hommes fidèles,
Sa présence est pour moi sa plus belle beauté
Et j’aimerais nous peindre une heureuse aquarelle.

Une note de bleu, cette couleur si rare,
Le rayon d’un soleil pour dessiner la plage
Un orange fruité aux saveurs de Carthage,
Le rouge du désir dont je ne suis avare.

Le noir de mon passé ne serait que l’envers
De ce tableau joyeux aux couleurs éclatantes
Et je n’exposerai de la toile un revers
Qui puisse nuancer ma promesse engageante.

Parfois pour un chef d’œuvre il faut persévérer
Montrer que les erreurs d’antan n’ont été vaines
Il faut se réjouir : de la vie espérer
Ressentir ses bienfaits à jamais dans nos veines.

Seconde chance

22 juin 2008

Seconde chance

Lorsque ta douce voix me berçait de ton sud
J’étais alors comblé de partager ton temps :
Mais parfois dans la vie les épreuves sont rudes
Et révèlent bien tard le bonheur qu’on attend.

Rongé par les remords, honteux de mon image,
Les remous de l’esprit m’ont perdu dans leurs lies :
Au lieu d’ouvrir les yeux et d’éviter l’orage
J’étais alors aveugle  et empli de folie.

Je porte le fardeau de ma lourde bêtise,
Errant dans mon logis, je me languis de toi :
La culpabilité est un feu que j’attise
Aux larmes des regrets qui portent mon effroi.

Ton sourire éclatant et tes yeux émouvants
Brillent par leur absence et j’espère les revoir :
Si jeunes nous avons encore tant d’instants
A partager ensemble à l’ombre d’un espoir.

Je te sais si déçue, sans confiance pour moi !
Je saurai te montrer la valeur de mon âme :
Pardonne ma conduite et vois mon désarroi,
Une seconde chance enterrera la lame…

Voir Venise

22 juin 2008

Voir Venise

Je me mets à rêver la ville millénaire
Le soir sur les canaux ton ombre danserait
Et les embruns salés à la fête dans l’air
Pour scander la Douceur ta peau caresseraient.

Nos corps en tourbillons perdus dans les ruelles
Savoureraient l’instant où face à Colombine
Nous verrions Arlequin cachant Polichinelle
Déclarant ses envies d’après midi câlines.

Au sein de ce théâtre aux airs de labyrinthe
Les Eglises, les ponts, les palais, les musées
Nourriraient nos esprits en délicieuse absinthe
Et le temps, sans répit, saurait nous amuser.

Je ne connais ton choix, mais ose l’espérer :
Laisse à Venise alors le soin de nous revoir,
Vivons ce nouvel an comme pour libérer
Cette énergie vivace où je vois notre histoire…

Espoir

22 juin 2008

Espoir

Le soleil pour la terre est force d’attraction
Comme tu l’es pour moi à travers tes mots doux
Et je ne peux dire « nous » sans simple rendez-vous
De peur que notre Amour ne soit pure fiction

Accepte ce poème en gage d’affection,
C’est la sincérité que tu lis sur mes mots :
Je veux chasser tes peurs, effacer tous tes maux
Transformer notre rêve en belle construction.

Mais ne tardes pas trop à me faire confiance
J’ai besoin de ta peau qui réchauffe mon cœur,
De m’évader un peu en goûtant tes saveurs.

Ne penses plus à elle et dissous ta méfiance
Accorde-nous l’espoir de moments de bonheurs
Car je veux de la vie nous sortions vainqueurs

Union

22 juin 2008

Union

C’est le souffle coupé par l’homme impérieux
Que la femme charmante empreint d’odeurs suaves
Rompt son corps plantureux sous un désir de lave
Où le charme en patron s’impose glorieux.

Puissante elle rugit la transe qui l’enivre,
En féline aguerrie contorsionne  ses formes
Oubliant un instant son cachot fait de normes
Dans lequel la journée se passe sans se vivre.

La caresse charnelle en rythmes frénétiques
Taquine l’interdit, les plateaux de jouissance,
Imaginés un soir lors de chaudes vacances
Le long de la jetée aux reflets féeriques.

Aurions nous pu prévoir les plaisirs de Sodome
Sans Gomorrhe à la barre au devant du navire
Où la plus sage femme, élégante, soupire
Pour donner la justesse à ce qu’enfin nous sommes ?

Je dis donc : homme ou femme aimons nous de cinq sens
Baisons nos joues,  nos mains et le corps tout entier
Sans irrespect, aucun, n’inspirons pas pitié
A ces illuminés qui prônent la décence !

Salé Sucré

22 juin 2008

Salé Sucré

Nantes la superbe était un doux refuge
Et la France en son sein m’a logé bienveillante,
Belle alcôve onirique où, glisser sur la pente
Ne vous mène séant à la robe d’un juge.

J’ai gardé de la ville un souvenir diffus
Pour n’avoir découvert tous ses charmes secrets.
Peut être aurais-je du me rendre moins discret,
M’émerveiller de tout, sans cesse être à l’affût ?

Le temps était pour moi un étrange diner.

Oui ! J’ai eu cet honneur : parler avec un Ange…
Et il m’a confessé lors de nos discussions
Que d’Amour pour mon être il en était question.
Mon âme a voyagé bien au-delà du Gange.

Les secondes pour moi avaient un goût sucré.

Oui ! J’ai eu ce malheur : entendre de la voix
De celle que j’aimais la fin de notre histoire :
Se rendre à l’évidence, éteindre tout espoir
Etait alors pour moi la meilleure des voies.

L’addition de six ans avait un goût salé.

Voltaire avait son art pour clamer la nuance
Je veux en son honneur la raviver encore
Et pour cela montrer comment varie l’accord
Des mets du quotidien qui nourrissent la panse.

Un jour tantôt sucrés un autre plus salés
Ils peuvent en un instant étonner vos papilles:
Déployer la douceur de la fleur de vanille
Aussi bien que l’aigreur d’un pistil d’azalée.

La vie est un diner qu’il faut réinventer

Te rencontrer

22 juin 2008

Te rencontrer

Lorsque sur ta photo j’ai posé mon regard
Une étrange impression m’a soudain envahie :
Serais-tu cette femme à qui revient ma vie
Pour partager plaisirs et délicats égards.

Happé par la beauté du galbe de tes seins
J’en oubliais ton air coquin et délicieux,
Tes charmes enivrants, ton coup d’œil audacieux,
Qui me firent l’effet d’un instant presque saint.

Le plus beau est sans doute au-delà des joyaux
Que fièrement tu peux à chacun exhiber :
Il est au fond de cœurs qui pourraient succomber
Aux bonheurs de se perdre en doux serments loyaux.

Attendre de te voir c’est piquer mon désir,
Pouvoir te découvrir, c’est enfin confirmer
La somme de détails qui me font déclamer
Ces authentiques vers que je m’en vais t’offrir.

Ma Déclaration

22 juin 2008

Ma Déclaration

Si je suis insolent à braver ton amour
C’est pour me rapprocher de ton cœur un beau jour :
Ni barrières, ni lois ne pourront contenir
Ce sentiment troublant grâce auquel je chavire…

Un jour en bleu de mer, un autre en terre de feu,
Je suis caméléon  au pays d’arc-en-ciel :
Et je souhaite en amant exaucer tous tes vœux
En t’offrant doucement mon rêve au goût de miel…

Albatros un instant, Agamemnon un autre,
Effrayant, l’avenir amoindrit mes espoirs !
Oh ! Mais toi, inconsciente, envoûtant tous mes soirs,
Tu dessines aux pastels une ville : la nôtre…

Doux rayon de soleil illuminant ma vie :
Ton regard bleu de braise amène mon amour
Sur un plateau doré aux mille et un détours
Comme pour caresser un instant tes envies.

Le baiser

22 juin 2008

Le baiser

Assis, l’un contre l’autre à regarder Paris,
Nous sommes hors du temps, mon cœur est en transport
Et la Dame de fer danse de tout son corps,
Comme pour célébrer la douce féérie.

Les arbres majestueux imposent leur grandeur,
Depuis ta tendre enfance : ils gardent l’œil sur toi.
Je sens alors monter sous ma peau cet émoi
Qui me pousse à gravir les plus folles hauteurs.

Je désire ardemment goûter à tes délices,
Mes lèvres esseulées réclament un baiser,
Sous ton regard mon cœur s’érige en doux brasier :
Il est ton étendard que fièrement je hisse.

L’instant nous autorise un élan de tendresse :
Sans réfléchir alors nos ombres se confondent
Et dans un tourbillon, la jonction de nos mondes
Fait jaillir en mon âme un torrent d’allégresse